CHANGEMAKER STORIES – Sarah Hanffou

CHANGEMAKER STORIES - Sarah Hanffou

Sarah Hanffou, avocate et athlète franco-camerounaise de haut-niveau en tennis de table, elle a participé aux Jeux Olympiques de Londres (2012) et de Tokyo (2021) ainsi qu’à 7 championnats du Monde. Fondatrice de l’association Ping sans Frontières, elle a lancé la marque Tako, qui a pour objectif de créer les premières tables de tennis de table entièrement construites au Ghana et commercialisées en Afrique, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse deDakar, en 2026. Avec ce projet, elle fait partie de la première promotion de l'incubateur de Paris 2024 et de l’AFD (Agence Française de Développement).

Pour toi quelle est la place du sport dans la transition écologique ?

Elle me semble essentielle. En tant qu’athlète, nous faisons partie du problème avec toutes les compétitions et l’empreinte écologique des grands événements, mais nous faisons également partie de la solution. Les organisateurs des grands évènements ont leur part à jouer et je suis ravie de voir les annonces de Paris 2024 en ce qui concerne la gestion des déchets, du plastique, et sur toutes les questions de l’alimentation pendant les Jeux…C’est un grand pas en avant.  De notre côté, notre rôle en tant qu’athlètes est de pousser toujours plus les différents acteurs, pour que cela aille plus loin sur cette question centrale. Nous avons aussi une responsabilité individuelle. Je pense notamment au choix de nos sponsors et de nos moyens de transport.

Comment t’engages-tu au quotidien ?

Je m’engage avant tout en tant que citoyenne, et pas uniquement en tant qu’athlète. Par exemple j’essaie d’acheter en circuit court, de moins utiliser la voiture… Par ailleurs, j’ai initié un projet qui m’est cher, la marque Tako, développée grâce à l’incubateur de Paris 2024 et de l’AFD, dont le but est de créer des tables de ping pong 100% made in Ghana. Ce projet est né du constat que les tables de ping pong étaient importées d’Europe et d’Asie. Avec Tako, je souhaite mettre en place un cercle vertueux : créer les tables à Takoradi au Ghana en rémunérant de manière juste les ouvriers, et reverser la totalité des bénéfices dans un projet social au Ghana. Les huit mois d’incubateur Impact 2024 m’ont permis de réaliser ce projet.

Comment l’incubateur de Paris 2024 et de l’AFD t’a aidé à développer ton projet ?

Le point commun entre tous les athlètes qui ont été incubés par Paris 2024 et l’AFD, est que nous avions déjà tous une idée de projet, sans savoir comment la modéliser. Les équipes de Paris 2024 nous ont accompagnées pendant huit mois dans la concrétisation et la réalisation du projet. Ensuite, nous avons été conseillés par des experts sur les questions de marketing, communication, finance… Personnellement je suis partie d’une simple idée. Aujourd’hui, je suis à la tête d’une entreprise qui commence à commercialiser des tables de tennis de table.

Est-ce que tu as engagé tes partenaires sportifs sur ce sujet ?

En tant qu’athlète, j’ai également choisi Cornilleau, un sponsor très engagé sur ces questions-là. Ensemble, nous avons créé des bornes de récupération des revêtements usagés, et implanté ce système dans 350 clubs en France. 4 000 revêtements ont déjà été récupérés. Aujourd’hui, nous sommes soutenus par la Fédération Française de Tennis de Table (FFTT), l’objectif est d’encourager 3 000 clubs de tennis de table à s’engager à nos côtés et de récolter 4 000 revêtements chaque mois, 50 000 par an.

A moyen terme, nous souhaitons déployer ce projet à l’international.  J’aimerais beaucoup que d’autres fédérations s’engagent à nos côtés et que la fédération internationale de tennis de table (ITTF) encourage et participe à cette démarche écologique et solidaire. Par ailleurs, il me semble indispensable d’adhérer à l’initiative du sport au service de l’action climatique (UNFCCC Sports for Climate Action Framework) et d’intégrer les cinq principes dans les stratégies, les politiques et les procédures de l'ITTF, qui doit aussi montrer l’exemple et prendre des engagements concrets sur ces questions. Elle pourrait par exemple mettre nos urnes à disposition des spectateurs et joueurs lors des grands évènements. C’est ce que fait déjà la FFTT. En effet, lors des Championnats de France, les clubs, spectateurs et joueurs peuvent déposer les revêtements usagés dans nos bornes de récupération.

 

En tant qu’athlète qui a vécu les Jeux de l’intérieur, que penses-tu des engagements de Paris 2024 ?

La durabilité et l’héritage sont dans l’ADN du projet et heureusement, car aujourd’hui c’est une condition sine qua none de réussite. Nous sommes tous concernés : athlètes, spectateurs, prestataires, sponsors… Chacun peut mettre son énergie à l’organisation de Jeux plus écologiques ! Montrons que la France est en avance. Si Paris 2024 arrive à réduire de 50% l’usage du plastique par exemple, cela incitera les Jeux suivants à faire encore mieux !  L’engagement des Jeux me donne envie d’aller jusqu’en 2024 en tant qu’athlète pour les vivre de l’intérieur, ces Jeux responsables !

 

"Je m’engage avant tout en tant que citoyenne, et pas uniquement en tant qu’athlète."

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